Journal On voulait vous dire - Ouest France-MFR - n°8 Mai 2011 : "Parents, on vous aime"

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Être parent et reprendre sa place
Les Maisons familiales rurales sont des associations de parents qui construisent et gèrent un outil de formation qui correspond à leurs attentes: une école pour réussir autrement. Une des preuves de cette réussite est la qualité de la relation retrouvée entre parents et enfants, en particulier grâce à un objectif commun partagé: le projet professionnel du jeune. Tout au long de ces pages, vous constaterez que les jeunes ont des choses à dire aux adultes mais, également, qu’ils cherchent le dialogue et qu’ils sont reconnaissants. Une fois n’est pas coutume, dans ce numéro qui développe la place des parents dans l’éducation et la formation en MFR, nous leur avons don- né la parole. Certains d’entre- eux se permettent même de donner quelques conseils aux nouveaux, car il ne va pas de soi de devenir parents en MFR. Nous ne sommes plus habitués à donner notre avis dans le do- maine de la formation, et pourtant nous sommes en première ligne. Nous considérons, en maison familiale, que les premiers éducateurs sont les parents. Nous avons des expériences, des doutes, des réflexions à parager. Profitons de ce lieu de dialogue pour nous enrichir mutuellement et mieux accompagner nos enfants pour réussir leur vie.
Petits conseils de parents entraînés
Être parents d’un jeune en alternance n’est pas de tout repos ! « Un conseil : faîtes son sac avec lui et vérifiez-le bien. Assurez-vous qu’il n’oublie pas son cartable, son carnet de liaison et sa chemise avec les leçons. Cela vous évitera des allers-retours ! Pendant sa session à l’école, n’oubliez pas de l’appeler une fois dans la semaine pour prendre de ses nouvelles, il appréciera ». « Pour la recherche de stages, choisissez-en plusieurs ensemble dans l’année, ça l’aidera à s’orienter. Puis, laissez le prendre ses responsabilités, déplacez-vous pour rencontrer le maître de stage et les formateurs de temps en temps, il constatera que vous êtes concernés ». « Pendant ses semaines de stage, il faut le solliciter pour qu’il révise, voir avec lui si le travail écrit est fait. Il faut l’encourager, il est peut-être grand, mais vous verrez, vous devrez vous replonger dans les fractions et la conjugaison. Faites avec lui un planning : une matière par jour et un peu d’étude de stage chaque soir, ça va l’aider à s’organiser. Il râlera, mais ce n’est pas grave, ça lui passera ». « Vérifiez et contrôlez dès le vendredi si tout le travail d’alternance est entièrement réalisé, ça évitera les fâcheux désaccords du dimanche soir. Et surtout, n’oubliez pas de lire les appréciations dans le carnet de liaison et de le signer. Si vous oubliez, c’est lui qui se fera gronder ». « Il ne faut pas le lâcher, il vous en voudra sur le moment mais plus tard, il vous remerciera ! ».
Viens en alternance !
Tu veux changer de cadence, rejoins-nous en alternance!
Si tu préfères les moniteurs aux professeurs et les stages aux cours, alors n’hésite pas, fais comme nous ! Pour une réussite assurée, rester concentré, c’est la clé. Pendant ton stage, n’oublie pas de travailler, sinon tu risques d’être sanctionné. Nous vivons en communauté, rappelle-toi qu’il y a des règles à respecter. Les différents stages que tu feras te permettront de choisir ta voie. Prends confiance en toi, plus efficace, tu seras et mieux tu réussiras. Si tu as besoin de plus d’explications, les forma- teurs seront là pour te porter attention. Pour passer une bonne semaine, il faut savoir prendre sur soi-même. Les maîtres de stage aiment la ponctualité, donc il faut savoir la respecter. Pour ce qui est de la communication, tu seras muni d’un carnet de liaison. C’est l’endroit où tes moniteurs, ton maître de stage et ta famille communi- queront. Dans certaines écoles, le brevet est conseillé, alors il faut foncer. Travailler, écouter, faut s’en assurer mais n’oublie pas aussi de t’amuser !
Chers enfants, vous avez un nouveau message !
« Depuis le temps qu’on l’appréhendait, ça y est, nous y voilà, on la subit, on l’apprivoise : votre fameuse crise d’adolescents ! Rebelles à vos heures, conciliants à d’autres, vous vous épanouissez lentement. Vous nous faites crier, hurler même, mais on se dit que ça va passer ». Voici un petit aperçu de ce que vous êtes et nous faites endurer: « Plein de boutons, grands, avec des aigus et des graves dans la voix, responsables au boulot, presque des hommes, et quand vous rentrez à la maison, de grands bébés qui demandent plein d’attentions ! Vous changez de rire, de goûts, de positions, vous vous cherchez, vous découvrez... Bref, on pourrait en écrire un livre ». « À l’école, vous réalisez le minimum pour éviter les punitions. Par contre, en stage, vous ne rechignez pas à la tâche. Très fiers de nous apprendre des choses sur votre monde professionnel. Même si nous sommes fatigués de notre journée, nous prenons le temps de vous écouter. Que vous gagniez en assurance est notre priorité. » « Pénibles est l’adjectif le plus poli qui nous vient à l’esprit. On respire quand vous êtes à l’école. Vous prenez tout de même 80 % de notre temps, mais le vendredi, quand on voit le responsable du groupe arriver sur le parking à notre rencontre, on se dit : qu’est- ce que vous avez encore fait comme bêtises ? À chaque stage, on espère que vous vous montrerez discrets, car vous êtes parfois un peu ba- vards, on ne sait pas de qui vous tenez !» « Malgré la mode des ordinateurs, il arrive que l’attrait que vous avez pour ce type d’engins devienne un tantinet excessif. Et nous ne parlons pas des téléphones portables... » « Notre moment préféré : vous voir partir supermotivés pour votre journée. Et quoi de plus gratifiant en tant que parents que de lire des appréciations positives dans le carnet de liaison, aussi bien sûr vos compétences professionnelles que sur vos qualités humaines. À ce moment-là, nos petits lapins, nos petites puces, sachez-le, nous sommes très fiers de vous ! »
Papa, maman, nous aussi, fallait qu’on vous dise!
Vous n’arrêtez pas de parler de notre crise d’adolescence. Pourtant, il en existe une autre dont on parle plus rarement mais que nous, nous subissons : la vôtre, celle de la quarantaine ! « Range ta chambre ! Baisse ta musique !Arrête de jouer à la PS3! » Et patati et patata... Pas moyen d’être tranquille ! Vous fouinez dans nos affaires, fouillez dans nos poches... Et le pire, c’est que vous pensez qu’on ne s’en pas rend pas compte ! Et ce n’est pas fini. 19 h : un cri strident fait trembler les murs : «Viens mettre la table !» Ras-le-bol des corvées! Y a pas que vous qui travaillez !Nous aussi, on a fait notre journée :monter desparpaings, faire des shampoings, vidanger des voitures, changer les couches des bébés... Nous aussi, on a besoin de décompresser ! Et le pire reste à venir :«T’as pensé à faire tes devoirs ? Tu le veux ton brevet, oui ou non?» Même quand on sort, vous nous surveillez de près, vous faites attention à nos fréquentations, et vous n’arrêtez pas de nous envoyer des messages :à quelle heure tu rentres ? T’es où ? Tu fais quoi ? »Mais, malgré tout, on a besoin de vous! « Vous êtes gentils quand même! Vous êtes là, à nos côtés, prêts à écouter nos journées de stage, nous aider à faire nos devoirs. Vous nous accompagnez et nous guidez dans notre vie, nous mettez en garde contre tous les dangers... Vous nous faites de bons petits plats, lavez notre linge, repassez nos fringues, donnez de l’argent... Chers parents : points de repères dans notre vie, exemples à suivre, protecteurs, responsables, irremplaçables, indispensables, vous savez nous écouter et nous conseiller. On est conscients que tout ce que vous faites ou dîtes, c’est pour notre bien. « Qu’est-ce que t’étais mignon quand t’étais petit ! » Papa, maman, à présent, on est devenu grands, de vrais adolescents, têtes à claques souvent, inconscients de temps en temps, cependant toujours dépendants de nos parents. En espérant que ça dure encore longtemps. Mais vivement quand même nos 18 ans ! »
La MFR, « un milieu familial »
Micheline et Denis ont choisi la maison familiale afin que Marlène, leur fille, réussisse sa scolarité. Ils ont pensé qu’elle s’adapterait plus facilement dans un milieu familial avec un petit nombre d’élèves. « L’alternance allait lui permettre de découvrir le métier qui pou- vait lui convenir. Elle a fait des stages en école pour être au contact des enfants. Cela lui plaisait au début, mais au bout de la deuxième année de BEPA, elle a réalisé que ce métier l’intéressait de moins en moins. Après avoir obtenu son BEPA Service aux personnes, elle a choisi une autre branche, l’agriculture, en continuant vers un bac pro Conduite et gestion d’une entreprise agricole à la maison familiale de Pouzauges. En débutant son stage dans un élevage de chèvres, on a senti qu’elle avait enfin trouvé sa voie. Elle s’est sentie tellement à l’aise qu’elle s’est surpassée. Nous en étions ravis. Les MFR ne sont pas ce qu’on en dit parfois, que c’est un refuge pour des jeunes en rupture avec l’école. Une réputation non conforme à la réalité. Nous l’avons vérifié. Si notre fille était allée au lycée, son manque de confiance en elle et sa réserve auraient été un souci majeur. Elle n’avait pas de difficultés scolaires, ses notes étaient correctes. Dans sa classe, en MFR, elle s’est sentie plus à l’aise, a repris confiance en elle. Contrairement à ce que l’on pense, les élèves de MFR peuvent arriver au même diplôme que les lycéens, peut-être avec plus d’années d’études, mais avec l’expérience de la vie active».
La MFR, un nouveau langage
Josiane Perrodeau, maman d’Aurélie qui est entrée en 4e l’an dernier, nous fait part de ses remarques sur le vocabulaire spécifique des maisons familiales. Quels sont les nouveaux termes qui vous ont surpris en arrivant à la MFR ?
« Dès les premiers contacts, on vous parle d’alternance, et il faut un certain temps pour comprendre que c’est un enseignement qui alterne des semaines en entreprise et des semaines à la MFR, et que ces périodes sont autant utiles l’une que l’autre pour la formation. J’ai cru comprendre qu’elles se répondent. Et puis, on parle de plan d’étude. C’est lorsque votre enfant revient après la première semaine que vous voyez de quoi il s’agit. En fait, c’est un questionnaire construit avec les élèves, qui leur permet de questionner le maître de stage sur des points précis. Mais, c’est aussi un travail d’écriture à rendre au retour à la MFR. Et là, c’est parfois laborieux de finir le travail. » N’y a-t-il pas, également,des termes nouveaux pour désigner les salariés ?
« Ô bien sûr! Je viens juste de comprendre qui est la maîtresse de maison, car lors de l’assemblée générale (là aussi quelque chose de nouveau pour nous) j’ai discuté avec elle. Je croyais que c’était seulement la cuisinière. Mais non, elle a en charge toute la partie accueil des élèves. C’est la responsable du bien-être. Et puis, il y a les moniteurs et monitrices. Nous, on dit formateurs, mais, en réunion de parents, le directeur nous a expliqué que leur rôle était bien plus large. Ils donnent les cours mais sont aussi des éducateurs et des accompagnateurs pour les jeunes. C’est vrai qu’ils sont très présents. On peut les appeler quand on veut, ou les voir à la MFR. En discutant avec eux, je me suis aperçue qu’ils connaissent bien Aurélie, ses points forts, ses faiblesses, ses projets, comment elle travaille... J’ai trouvé ça nulle part ailleurs! »
Sophie à l’écoute des parents
Sophie Tougeron, secrétaire de la MFR de Saint-Jean-de- Monts donne son point de vue sur la relation entre les parents et les professionnels de la MFR : une communication indispensable. Quelles sont les raisons des appels des parents ?
Les parents m’appellent pour signaler une absence d’un élève, un souci sur leur lieu de stage ou pour des problèmes administratifs. Si l’appel télé-
phonique concerne la scolarité de leur enfant, il est transmis à un moniteur. Les parents appellent-ils fréquemment ? Et dans quelle situation avez-vous besoin de les appeler ?
Oui, je reçois des appels réguliers. Cela dépend des parents selon qu’ils suivent ou non de près la scolarité de leur jeune. Je les joins par téléphone pour des questions de transports, de relance administrative, de courrier ou pour faire suite à un contact en vue de l’inscription du jeune dans l’établissement. Quelle est la nature de la relation avec les parents ?
Je suis à leur écoute et essaie d’aider certains parents inquiets pour leur jeune en répondant au mieux à leurs attentes. Est-ce que les situations vous amènent à rencontrer les parents ? Si oui y a-t-il parfois des difficultés ?
Il est préférable de rencon- trer les parents de façon à répondre au mieux à leurs ques-tionnements. Les parents se déplacent pour le paiement de la scolarité, dans le cadre administratif et vis-à-vis des inscriptions. Avec certains, la communication est plus facile qu’avec d’autres. Nos parents apprécient l’écoute et la disponibilité des professionnels de la MFR et nous aimons qu’ils se préoccupent de nos études.
J’ai opté pour la MFR
« J’ai choisi la maison familiale après la 4e pour approfondir mon projet professionnel en faisant des stages dans différentes structures. En MFR, on a moins de semaines de cours qu’au collège ou au lycée général, car on a l’opportunité de s’impliquer dans le milieu professionnel. En général, ce sont de plus petites classes avec un effectif d’élèves moins important qu’au collège ou au lycée général. C’est plus rassurant et on est mieux suivi. Moi, je suis rentrée en MFR en 3e. Mes premiers stages m’ont amenée à vouloir travailler auprès des enfants et j’ai ensuite fait un BEPA Services aux personnes. En terminale, les stages, dans ce domaine, ne m’intéressaient plus vraiment. J’ai cherché une autre voie et choisi le domaine de l’agriculture. Je suis donc actuellement en bac pro Conduite et gestion de l’exploitation agricole, à la maison familiale de Pouzauges. Je ne regrette pas mon choix car je connais bien le fonctionnement des MFR. Aller dans un lycée professionnel ou général, très peu pour moi ».
Le « café dialogue » du lundi matin
Avec l’accord du président de l’association de la maison familiale et des moniteurs, le conseil d’administration et la commission « relations familles » ont mis en place un café du lundi, pour que les parents et les moniteurs puissent dialoguer. Cette idée est venue des parents qui ont intégré la commission relations familles dé- but 2010. Les moniteurs ont du changer leurs réunions pédagogiques du lundi matin afin d’être libres et disponibles. Le projet a été étudié durant l’année 2010 et mis en place à la rentrée de septembre. Le conseil n’a pas porté de regard sur le budget nécessaire mais s’est focalisé sur la relation parents-moniteurs. Le café a été mis en place le lundi matin et le vendredi soir, mais, suite au départ « précipité des élèves » et aux horaires du transport scolaire il y avait peu de monde ce deuxième jour. Une modification a été apportée afin de garder cet échange avec les familles :il a alors été proposé uniquement le lundi matin. Chaque lundi, un moniteur s’occupe de préparer le café avant l’arrivée des parents et des élèves. Les retours sont positifs : les parents peuvent mettre un nom sur un visage ! Suite à une décision avec les membres du conseil d’administration, les élèves pourraient, à l’avenir, profiter du café. À condition de respecter ce moment. Cette forme d’accueil sera conservée le plus longtemps possible :« C’est une bonne chose pour nous tous, et ça fait sortir les parents des voitures. Les parents trouvent ça convivial ».
Cavaliers de père en fils
Michel Guénezan est le père de Rémi, élève en classe de pre- mière. Ils partagent une pas- sion commune pour le cheval. Michel Guénezan travaille à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Il pratique l’équitation pour son loisir. Présentez-nous votre carrière de cavalier?
J’ai débuté quand j’étais jeune, à l’âge de 23 ans, puis mon travail et ma vie de famille ont fait que je me suis arrêté. Quand Rémi a commencé à pratiquer l’équitation vers 4 ans, cela m’a donné envie de reprendre. Aujourd’hui, j’ai 53 ans et j’ai atteint le galop 7 (le maximum dans les niveaux d’équitation). J’ai participé aux championnats de France avec mon club, où j’ai été classé. Je fais du concours complet. Présentez-nous Rémi ? Rémi a commencé l’équitation dès sa plus jeune enfance. Cette passion ne l’a jamais quittée et,de l’âge de 4ans à aujourd’hui, où il a 18 ans, il a atteint, lui aussi, le galop 7. Il est entré à la MFR de Bournezeau en 4e pour se former et il envisage de passer son bac professionnel pour devenir cavalier. Rémi est en stage chez Nicolas Touzaint, un cavalier de renommée internationale. Que vous apporte l’équitation ?
Nous sommes dans le même club et nous avons des activités communes. Parfois, nous avons été concurrents sur une épreuve. Je pratique moins aujourd’hui car Rémi monte en concours le week- end et il faut l’aider pour les déplacements qui sont parfois éloignés. L’équitation nous permet d’échanger sur notre passion commune ce qui est très intéressant.
Mise en scène pour l’AG
Quand les jeunes animent l’assemblée générale...
L’équipe de la MFR a tous les ans le même souci. Comment animer l’assemblée générale ? « Cette année, les administrateurs nous ont associés à l’organisation en nous proposant de monter une pièce de théâtre. Isabelle, monitrice en français, trouvait cela intéressant. Au départ, nous étions un peu moins enthousiastes qu’elle. Monter sur scène nous semblait impossible. Le scénario, assez sympa, « la vie d’une cabine d’essayage d’un magasin de prêt-à-porter » nous a plu. Mais dur, dur d’apprendre les textes, de devoir s’habiller, de mettre le ton ! Élodie, metteur en scène géniale, nous a soutenus dans notre effort ! Pourtant nous avons râlé. Elle ne s’est pas découragée. Le jour J, le trac était au rendez-vous, mais nos parents aussi !Le résultat fut exceptionnel. Quelle surprise !Cela s’est déroulé naturellement. Nos parents ne nous imaginaient pas sur scène ! Les moniteurs étaient fiers de nous. L’AG eut un réel succès. « Enfin une assemblée générale, où on ne s’ennuie pas », furent les propos de la maman de Franck. Espérons que l’année prochaine, nous pourrons recommencer ».
Cuisiniers et magiciens d’un soir
Du 8 au 10 novembre, dans le cadre des activités socioculturelles, les élèves de 4e d’orientation ont préparé un dîner spectacle sur le thème de la magie. Tous les parents étaient conviés, ainsi que les moniteurs, afin de partager un dîner plus que parfait. Abracadabra ! Les élèves ont organisé le dîner de A à Z, avec l’aide de toute l’équipe de la MFR (moniteurs, cuisinières et ani- matrices). Trois groupes ont été constitués. Chaque élève a pu s’initier à différentes activités. • Un atelier cuisine pour la préparation du repas, avec au menu : cocktail magique et ses toasts, bouchées mys- tères, jambon braisé avec sa « farce » et, pour finir, une spirale envoûtante. • Un atelier décoration, où les élèves ont réalisé des dessins sur le thème de la magie pour créer l’ambiance en salle à manger.
• Un atelier art de la table (pliage de serviettes, tech- nique de la mise du couvert, création des compositions flo- rales et des menus en informatique) et, enfin, un atelier magie pour l’animation de la soirée. Le repas s’est déroulé entre le service à l’assiette par quelques élèves et un numero de magie pour les autres. Entre deux plats, les parents ont également pu participer à la soirée, puisqu’ils avaient des énigmes à résoudre. Fiers d’eux-mêmes Une maman témoigne de ce dîner plus que parfait : « Bien que le trac devait être présent, les jeunes semblaient très à l’aise aussi bien dans les tours de magie que dans le service. Le repas était excellent, pour preuve : j’ai demandé la recette de la sauce qui accompagnait le plat de résistance ! Ce fut une activité vraiment valorisante pour nos jeunes ». Une soirée sous le signe de la bonne humeur, et très appréciée par les familles qui avaient répondu à l’invitation. Tous les élèves ont pleinement participé à ce projet pour faire de cette soirée une réussite. Ils ont été fiers de faire part de leurs talents de marmitons et de magiciens. Un moment convivial, magique, tout simplement abracadabrantesque !
Vive la garden-party
À tour de rôle, les parents s’occupent des grillades.
L’Élysée la supprime, la maison familiale du Poiré-sur-Vie prend la relève. La commission animation a eu l’idée de créer une « garden- party ». La première a eu lieu l’année dernière et a rassem- blé une centaine de personnes. Elle a réuni des anciens élèves ainsi que les nouveaux et leurs familles. L’entrée pour les élèves était gratuite mais payante, 6 euros, pour les parents. L’équipe et les administrateurs se sont répar- tis les tâches lors de la soirée, également pour la décoration et les commandes de nourriture. Les grillades étaient à volonté. La simplicité d’échanges entre les familles, les élèves, les moniteurs et les membres du conseil était présente, donnant une ambiance très conviviale et festive. Cette soirée a per- mis de se voir dans un autre contexte. Tout le monde était très satisfait : « Nous avons mis des visages sur des noms et des noms sur des visages ! » Rendez-vous au mois de juin pour de nouvelles rencontres !
Dix ans de confiance en la MFR
Marie-Thérèse Bores est venue présenter l’implication de toute sa famille au sein de la maison familiale. Ses trois enfants ont été scolarisés à Vouvant et le dernier est actuellement en 3e. Pourquoi avoir choisi la MFR pour vos trois enfants?
J’ai découvert la MFR avec ma fille aînée, car elle avait des difficultés scolaires et c’était une demande de sa part. Elle désirait découvrir le monde professionnel. Quand ses frères ont vu le plaisir qu’elle prenait à aller en stage ou à l’école, ils ont voulu faire la même chose. Êtes-vous satisfaite de votre choix ?
Je n’ai jamais été déçue, j’ai trouvé beaucoup d’écoute, d’échange. Il y a toujours eu quelqu’un en cas de problème à l’école ou en stage. De quelle manière vous êtes-vous impliquée au sein de la MFR ? Je suis venue en tant qu’évaluatrice pour les oraux. Mon mari, guadeloupéen d’origine et cuisinier, est venu cuisiner avec les élèves et nous avons participé au loto organisé chaque année. Nous nous sommes toujours impliqués pour le stage : de la recherche au déplacement pour signer les conventions ou pour aller mener les enfants sur le lieu de stage. Je suis même devenue maître de stage dans le cadre de mon travail à l’ADMR. Prenez-vous plaisir à intervenir à chaque fois?
Oui, c’est enrichissant, c’est naturel. Pour nous, ça coule de source. Vos enfants ont-ils trouvé dérangeante votre implication ?
Je ne le pense pas, je ne suis jamais intervenue directement dans leur classe pour ne pas les gêner. Aujourd’hui, ma fille prend le relais et vient participer aux évaluations orales.
Être parent et maître de stage en MFR
Huit élèves de 4e et 3e de la MFR de Puy Sec qui s’orien- tent vers les métiers agricoles ou le machinisme ont rencon- tré Christophe et Corinne Talon, parents de Dylan en 3e. Ils ex- pliquent leur positionnement en tant que parents et maîtres de stage dans la formation de leur fils. L’aide aux devoirs C’est Corinne qui accom- pagne Dylan lorsqu’il a besoin. Elle l’aide dans les plans d’études sur la vie quotidienne : « Il ne faut pas s’y prendre à la dernière minute, dit-elle. Dylan doit se débrouiller, Christophe répond aux questions que Dylan pose sur les plans d’études professionnels. Il doit s’investir, c’est pour lui qu’il travaille. Nous l’encourageons, c’est notre rôle de parents ». La gestion du stage
« Depuis qu’il a 6 ans, Dylan souhaite être agriculteur et s’occuper de l’élevage bovin. Je lui fais confiance, il connaît mes techniques de travail, je peux lui confier des responsabilités, dit Christophe. Il fait les mêmes horaires que moi. C’est important qu’il différencie le stage et la vie à la maison. Il doit s’y habituer pour son avenir. C’est motivant d’avoir Dylan en stage, je lui transmets la passion de mon métier d’agriculteur », termine le papa – maître de stage. « Nous gratifions Dylan : tout travail bien fait, mérite une récompense raisonnable », ajoute Corinne. La vie de famille Après le travail en stage, Christophe reprend sa place de père : « Les relations entre nous sont bonnes même si des tensions sont quelque- fois présentes. Dylan est à l’aise avec moi, et moi je suis exigeant avec lui, avoue Christophe. C’est intéressant que Dylan découvre d’autres méthodes, il aura à trouver des stages à l’extérieur de l’exploitation », dit Corinne. « Nous devons être des modèles pour Dylan et bien lui apprendre son futur métier. On essaie de tout faire pour que ça marche ! »
J’échange sur mon métier et mes choix
Les élèves de BEPA 1 et 2 Service aux personnes ont rencontré Thierry Couilleau, moniteur-éducateur au foyer Haute Roche de Fontenay-le-Comte. C’est également le papa de Paul, élève en première année. Ce temps d’échange sur son parcours et sa profession, a aussi été l’occasion pour les jeunes, de lui demander comment il s’investissait dans la scolarité de son fils au sein de la maison familiale. Thierry Couilleau a connu les maisons familiales grâce à la sœur aînée de Paul qui a réalisé une partie de sa scolarité à la MFR des Herbiers. Quand son fils a exprimé le choix de poursuivre sa formation en maison familiale et en internat, il s’est aussitôt dirigé vers Vouvant qui était l’établissement offrant la formation sanitaire et sociale qu’il désirait et aussi, celui le plus proche de leur domicile. Thierry Couilleau apprécie l’alternance et pense que « c’est un moyen de rebondir après un échec et que les stages permettent de confirmer son choix professionnel ». Il a trouvé tout à fait naturel de venir présenter ses activités et son métier dans le cadre de l’orientation. Il dit lui-même qu’il « aime ce qu’il fait et qu’il souhaite transmettre sa passion, échanger, ve- nir faire passer des oraux ». Pour lui, la communication reste essentielle. Il encourage les jeunes à exercer ce métier, tout en précisant que c’est une « profession enrichissante, qui peut aussi être dure autant physiquement que psychologiquement ».
Un engagement multiple
La classe de 4e d’orientation a rencontré Christine Remigereau, ancienne parent d’élève et toujours investie. Pour preuve, elle évalue les jeunes ! Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis mariée et j’ai deux enfants qui ont fait leur troisième à la MFR de Saint-Fulgent. L’an dernier, j’ai décidé de m’engager dans le conseil d’administration, je suis trésorière adjointe et également membre du bureau. Vous participez à des évaluations. De quoi s’agit-il?
J’ai participé en tant que jury pour le Projet d’utilité sociale, pour la classe de BEPA 2 Service aux personnes. J’étais accompagnée d’un moniteur et notre rôle était d’évaluer les élèves sur leur engagement et leur travail envers l’association choisie, que ce soit sur le plan collectif ou personnel. Pourquoi avez-vous accepté de participer à cette évaluation ?
Je trouvais très intéressante cette idée de travail sur un projet en partenariat avec une association. J’aime aussi aider autant que je peux les jeunes dans leur projet professionnel.
Des parents investis dans la formation
Le directeur de la maison familiale de Pouzauges, Thierry Chataigner, explique le rôle des parents dans la création du plan de formation de la classe de seconde. Pourquoi l’équipe pédagogique a-t-elle choisi d’intégrer des parents dans la réflexion du plan de formation ?
L’équipe a fait le choix d’associer les parents à l’élaboration du plan de formation car cela permet de mieux comprendre le fonctionnement de la pédagogie de l’alternance (plan d’étude, mise en commun...), et d’identifier ce que les parents attendent de nous. Pour quelles actions sont- ils impliqués?
D’abord, dans la validation des thèmes d’étude. Des parents qui sont maîtres de stage peu- vent participer avec le jeune à la construction du plan d’étude. Dans ce cadre, les parents vivent mieux cet échange avec le jeune. Ils peuvent également mieux dialoguer avec le maître de stage car ils savent où on veut aller. Le dialogue est engagé avec plus de compréhension. Combien de parents participent à cet échange ?
Dans la commission agricole, deux parents des classes de seconde et de première de bac pro Conduite et gestion de l’exploitation agricole participent. Ce qui permet de mieux comprendre l’évolution des thèmes d’étude. Pour vous, est-il important de poursuivre cette action avec les parents ? Je pense que cela est indispensable. Une richesse supplémentaire est apportée par eux.
Mère et fille recherchent un stage
Laurie, élève en 4e d’orientation, a choisi une formation par alternance car, en MFR, « les classes sont moins nombreuses. Je me sens donc mieux encadrée et suivie. L’alternance, grâce aux stages, m’a permis de me familiariser avec le milieu professionnel, et de trouver mon futur métier ». Laurie interroge sa maman sur son implication dans la recherche de stages à l’année, étape importante et primordiale avant de commencer une formation par alternance. Peux-tu expliquer comment tu m’as aidée dans ma recherche de stage ?
Tu m’as tout d’abord fait part de ton envie de trouver un stage auprès des enfants, dans une école. Nous avons donc décidé de nous déplacer dans l’école où tu avais été quand tu étais petite, et où se trouve actuellement ta petite sœur. Nous avons été reçus par la directrice et, toutes les deux, nous lui avons expliqué tes objectifs et ton envie de réaliser ce stage auprès de ce public, qui t’intéresse énormément. Nous avons vraiment eu la chance de ne faire qu’une seule démarche pour trouver ton stage, car tu as, tout de suite, été prise. Qu’attends-tu de mon stage ? J’attends de ce stage ta réussite et que cela puisse t’ouvrir des portes pour ton futur métier. J’ai ressenti des changements depuis tes débuts comme stagiaire, car je te sens plus autonome, responsable et plus en confiance. Tu es plus épanouie, car tu es motivée par ta formation et, scolairement, tu travailles mieux. Ce stage t’a permis de trouver ta voie : travailler auprès des enfants.
Se réunir pour réfléchir
Une commission éducative a été créée en juin dernier. Elle réunit le président, le directeur, des membres de l’équipe pédagogique et des parents d’élèves. Elle permet aux familles d’exercer un véritable rôle de concertation sur des questions éducatives. Le tabac, la vie résidentielle, la place des parents dans la formation, l’orientation des jeunes: autant de sujets abordés sur lesquels des propositions ont été adoptées. Ces temps d’échange renforcent le rôle des familles, considérées comme les partenaires privilégiés dans la réussite de leur jeune. « Les parents restent les premiers éducateurs de leur enfant et nous tenons à les impliquer le plus possible dans la formation », conclut Yves-Marie Heulin, le président.
www.mfr-puysec-st-martin-fraigneau.fr
La classe de Bepa 2 Services aux personnes de la MFR de Puy Sec a rencontré Marie- Laure et Maxime Châtaigner, mère et frère d’une élève de Bepa 1. Ils ont mis en place le site Internet de la MFR. Cette rencontre a permis de mieux comprendre leur action et leur investissement au sein de la vie associative de l’établissement. Pourquoi la création de ce site à la MFR?
Aujourd’hui, une école a besoin de se faire connaître et « d’être crédible », explique Maxime. Créer ce site, c’est inventer la vitrine de la MFR. Pour cela, il a fallu que j’apprenne à utiliser l’outil, les codes et le visuel. J’ai aussi rencontré Gérard Vergnaud, moniteur à la MFR, responsable du parc informatique. Nous avons tra- vaillé ensemble sur le cahier des charges et la palette de couleurs pour la communication. Marie-Laure, la maman, s’est aussi investie dans ce projet en tant qu’administratrice du conseil d’administration. Elle a stimulé Maxime et l’a encouragé en lui donnant son avis et sa vision de parent. Ses conseils étaient importants pour Maxime, car la pédagogie de l’alternance est particulière et les activités à la MFR sont diverses.
À qui s’adresse ce site ?
« J’ai réalisé cet outil pour que les parents et les futurs parents aient un point d’information. C’est aussi, pour les élèves, un moyen de témoigner de leur vécu à la MFR ». Ce site renseigne aussi sur les formations adultes, le réseau MFR, sur les événements et les locations du Château de Puy Sec. La particularité de cet outil, c’est qu’il a deux facettes : une partie site qui reste figée et un blog qui bouge en per- manence : « J’ai répondu à un besoin de l’école pour valoriser au mieux les activités vécues »
Avez-vous apprécié de travailler ensemble ?
Ce projet a renforcé la complicité entre Maxime et sa maman:«Ça a créé des liens, des affinités, une vraie synergie entre nous et la MFR », confie Maxime. Pourquoi tant d’implication vis-à-vis de la MFR ?
« Je sentais que Maxime serait capable de réaliser ce site, avoue Marie-Laure. La MFR en avait besoin ». Maxime ajoute : « Ma volonté était de ne pas décevoir puisqu’on m’a confié une responsabilité, c’est mon image que je mets sur le Web pour la MFR de Puy Sec. C’est aussi un plus sur mon CV ». Grâce à la création de ce site, Maxime a développé des compétences professionnelles. Un grand merci ! Et bon vent pour son métier de base : cuisinier.
Parent et responsable de la MFR
Jean-Claude Couteau, président de l’association de la MFR de Bournezeau et parent d’ancien élève, témoigne sur le rôle des parents.
Pour vous, quel rôle les parents ont-ils à jouer dans la MFR?Ce rôle est-il important à vos yeux?
Bien sûr que le rôle des parents est important ! En tant que parent d’ancien élève, je pense qu’il est quasi-essentiel de pouvoir suivre son enfant à travers sa scolarité en le laissant, tout de même, libre de s’orienter, ce qui n’est pas facile. Pour mon- trer mon attachement à l’impor- tance des parents dans la MFR, j’ai d’ailleurs créé un document parlant de ce rôle. Quelle est votre principale responsabilité en tant que président ?
Mon principal rôle est d’assurer le bon fonctionnement de l’association. J’y consacre environ une heure trente par semaine en plus des réunions mensuelles et des assemblées. Le conseil d’administration est constitué d’un bureau de sept personnes qui gère la « totalité » de l’association. La partie formation est déléguée au directeur qui prend les décisions avec moi.
Où en est votre fils dans son parcours professionnel ?
Charly a toujours eu pour projet de devenir maréchal-ferrant, car, pour lui, c’est un métier qui, dans la durée, est stable. Il a donc suivi un parcours 4e-3e à Bournezeau. Il a recherché un établissement pour effectuer un CAP maréchal-ferrant mais il n’a jamais trouvé de maître d’apprentissage, tous jugeant qu’il était trop jeune. Il va bientôt avoir 19 ans, ce qui va lui permettre de repenser son projet. En tant qu’élève, nous connaissons maintenant mieux le fonctionnement de l’association de la MFR. Nous en savons également plus sur le rôle de celui qui la gère.
Un administrateur au Bénin
Christine Pouponnot, administratrice de la MFR du Poiré-sur Vie, est partie au Bénin. Combien de temps avez- vous passé au Bénin ?
Nous étions treize administra- teurs, nous sommes partis du 22 octobre au 1er novembre. Pourquoi êtes-vous allée au Bénin ?
Ma fille est rentrée en maison familiale et je voulais savoir quel était leur fonctionnement. Ensuite, on m’a proposé de partir dans le cadre d’une formation organisée par la fédération départementale. Quelles ont été vos visites ? Nous avons visité trois MA.FA.R (Abomey, Sam et Kilibo), le palais royal d’Abomey, Cotonou, la cité lacustre, Ouidah (l’un des principaux points d’embarquement des esclaves vers les Amériques), le village de regroupement des femmes qui fabriquent de l’huile de palme. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?
Nous avons été accueillis dans le village de Sam par un groupement de femmes, elles ont dansé pour nous. Des jeunes nous ont préparé des lits et nous ont installé un groupe électrogène pour que l’on puisse recharger nos portables. Dans les restaurants, il faut garder des restes pour les serveuses. Comment fonctionnent les MA.FA.R au Bénin ?
Elles reposent sur les familles, les représentants des communautés villageoises et les associations de développement qui cherchent à lutter contre l’exode rural, à favo- riser l’insertion des jeunes dans leur milieu et le développement local par la mise en place de formations. Les stagiaires ont entre 15 et 40 ans selon la formation suivie et vont en cours trois jours par mois. Le reste du temps ils travaillent leurs cultures.
Guiseppina et Mélissa en CAP Vente
Giuseppina, 45 ans, mariée, trois enfants était, depuis trois ans menuisier. Des ennuis de santé l’ont obligée à arrêter son métier. Elle a donc dû se réorienter et adapter son acti- vité professionnelle à sa santé. Avant d’être menuisier, Giuseppina avait acquis une bonne expérience de la vente. Elle a donc souhaité valider cette expérience par un di- plôme. Elle estime que c’est un bon tremplin vers l’emploi, d’autant plus qu’en maison fa- miliale, il faut faire des stages. Elle a choisi d’être employée libre service en produits frais au Super U de Brétignolles- sur-Mer. C’est ainsi que, depuis septembre 2010, elle a intégré la formation pour adultes par al- ternance CAP vente, à la MFR Olonnes Atlantic.
Mélissa, 17 ans, célibataire, souhaitait devenir coiffeuse. Mais le manque de débouchés dans cette filière l’a obligée à changer d’avis. Elle ne s’est pas découragée et a recherché activement, à la fin de sa 3e, une nouvelle filière. Le contact-client, elle aime ! Alors pourquoi pas la vente ? Depuis septembre 2009, apprentie-vendeuse en produits frais, elle a intégré la formation en apprentissage CAP vente de la MFR des Herbiers. Giuseppina et Mélissa se retrouveront en juin pour passer ensemble l’examen du CAP... Giuseppina est la mère de Mélissa !
Internat, alternance : c’est moderne
Ludovic Chauveau, papa de Céline, élève de 3e à la MFR de Bournezeau, est venu devant les troisièmes donner son avis sur le choix de l’alternance pour sa fille. Pourquoi avez-vous inscrit votre enfant à la MFR de Bournezeau ?
Céline est passionnée par l’équitation et elle veut en faire son métier. Nous avons accepté cette orientation et pensé à l’alternance pour qu’elle puisse voir les réalités du métier. De plus, étant une fille unique, nous voulions qu’elle découvre la vie en collectivité. J’ai moimême été élève en maison familiale et j’en garde un bon souvenir. Comment vivez-vous l’absence de votre enfant ?
Cela fait une coupure pour toute la famille. Je pense que l’internat oblige Céline à prendre plus de responsabilités. Le week-end, nous nous retrouvons. Céline nous raconte sa semaine, cela nous permet de nous rapprocher. Quel est le bilan de cette année et demie passée à la MFR? Céline est toujours autant passionnée et a toujours cette envie de travailler avec les chevaux. Je ferai tout pour qu’elle réussisse son parcours scolaire et professionnel. Je pense que les adolescents prennent plus de responsabilités par l’intermédiaire de l’alternance et surtout avec l’internat. En effet, Céline a découvert ce qu’était la vie en communauté et ainsi acquis davantage d’autonomie.
Une famille comme les autre
Nicole Poingt est assistante familiale c’est-à-dire « famille d’accueil ». Elle présente son métier et son investissement dans la scolarité des jeunes qu’elle accueille. C’est un métier qu’elle exerce avec passion depuis douze ans. Son principal objectif est le retour de l’enfant dans sa famille naturelle, si les conditions sont réunies. Elle a un rôle éducatif important. Le choix d’inscrire les jeunes en MFR est déterminé par leur motivation et aussi par leur capacité ou non à évoluer dans des groupes importants. MM. Poingt précise qu’aider les jeunes dans leur formation fait partie de ses missions. Elle les aide au quotidien « en répondant à leurs questions, en expliquant les leçons et en leur apprenant l’autonomie dans le travail ». L’assistante familiale se tient informée de leur investissement et de leur comportement à l’école grâce aux échanges fréquents avec les moniteurs. Elle précise qu’un enfant placé « a souvent besoin d’écoute individuelle et personnalisée : besoin de confiance réciproque, ce que la structure resserrée permet ».
BTS, indépendants oui et non
Les jeunes de BTS Tourisme de la MFR Olonnes Atlantic, tous majeurs, donnent leur témoignage sur la relation qu’ils entretiennent avec leurs parents. « À la MFR Olonnes Atlantic, nous sommes dix-sept jeunes à suivre le BTS Tourisme. Nous avons entre 18 et 26 ans. Après tout, nous sommes majeurs. Alors, nos parents ont-ils vraiment quelque chose à voir dans notre formation? Bien qu’étudiant en Vendée, notre réponse sera normande : peut- être bien que oui, peut-être bien que non. Oui, car nos parents financent encore pas mal de choses. De ce fait, le droit de regard, cela existe. Oui aussi, car ils nous font confiance et aiment bien savoir ce que nous faisons. Ils préfè- rent nous savoir dans une filière plutôt prometteuse et ils nous encouragent. Encore oui, car nous apprécions de partager avec eux ce que nous faisons, surtout tout ce que nous réalisons sur le terrain. Quand c’est le cas, nous sommes partis pour des heures de dis- cussion. Nous pouvons même confronter nos expériences vé- cues en entreprise et à la MFR (oui, nous pouvons parler d’ex- périence!) à celle de nos parents. Non, car l’autonomie financière acquise en signant un contrat de professionnalisation nous permet de nous assumer finan- cièrement. Certains vivent tota- lement indépendants. Alors, majeurs ou pas, c’est plutôt sympa et riche de partager avec ses parents, surtout quand la relation devient adulte/adulte et non plus parent/enfant! »
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